Une place de choix pour dire et se dire
Évaluation d'implantation et d'impacts d'un projet de prévention de la radicalisation menant à la violence, un projet mené en 2016 et 2017
Contexte
Ce rapport évalue le projet « Une place de choix pour dire et se dire », mené par l'Institut Pacifique dans deux écoles secondaires montréalaises entre 2016 et 2017, dans le cadre du Plan d'action gouvernemental 2015-2018 sur la radicalisation. Le projet visait à renforcer les facteurs de protection des jeunes (esprit critique, tolérance) par trois volets : des ateliers de discussion en classe (« Prévention »), des comités « Par et pour les jeunes » (« Promotion-inclusion ») et un forum inter-écoles (« Vivre ensemble »).
Méthode
L'évaluation combine analyse documentaire, observation in situ (12 des 24 séances d'ateliers observées), questionnaires auprès des enseignant·e·s et des élèves participants, et groupes de discussion avec les membres des comités jeunesse. Les deux écoles présentaient une forte diversité ethnoculturelle (82 % d'élèves issus de l'immigration) et un contexte socioéconomique plus défavorisé que la moyenne montréalaise.
Faits saillants
L'implantation a été beaucoup plus fluide dans l'école où existait déjà une relation de confiance avec l'Institut Pacifique et une philosophie institutionnelle ouverte aux partenariats communautaires.
Les ateliers destinés à des classes d'adaptation scolaire ont nécessité d'importants ajustements de contenu et de langage, le niveau de connaissances des élèves étant souvent inférieur à leur âge scolaire.
La présence des enseignant·e·s pendant les ateliers a été jugée indispensable pour la gestion de classe, malgré le risque d'influencer la participation des élèves.
Les élèves ont surtout retenu les thèmes les plus proches de leur quotidien (identification des groupes d'appartenance, désinformation médiatique); les apprentissages sur les préjugés et le respect des différences sont plus difficiles à objectiver.
Les comités « Par et pour les jeunes » ont surtout généré des retombées sur la croissance personnelle des participant·e·s (confiance en soi, compétences organisationnelles) plutôt que sur le climat global de l'école.
La très grande majorité des élèves (30 sur 39) recommanderait les ateliers à d'autres jeunes.
Recommandations
Le rapport insiste sur l'importance d'un partenariat initial solide avec l'école, d'une adaptation continue des contenus, d'un financement récurrent (plutôt que ponctuel) pour ce type de projet, et d'un profil d'animation flexible et crédible aux yeux des jeunes.