Revue de la littérature scientifique de 2014 à 2024

Contexte

Ce rapport répond à une préoccupation croissante, au Québec et ailleurs, pour l'hostilité en ligne envers les femmes et les personnes LGBTQ+, et pour les liens entre cette hostilité et des dynamiques d'extrémisme. Le CPRMV a voulu dresser un état des lieux de la recherche scientifique récente sur la misogynie en ligne, les idéologies anti-genre et la manosphère.

Méthode

La revue s'appuie sur un corpus d'environ 560 documents recensés entre 2014 et 2024 (articles scientifiques, littérature grise, mémoires et thèses, rapports d'organisations). Une centaine d'articles de presse et de contenus de vulgarisation ont complété l'analyse pour éclairer la couverture sociétale du phénomène.

Faits saillants

  • Les femmes, en particulier les plus jeunes, les journalistes et les personnalités publiques subissent la majorité des violences numériques; lesquelles ciblent également de manière disproportionnée les personnes issues de minorités sexuelles et de genre.
  • La manosphère (incels, MGTOW, pick-up artists, influenceurs masculinistes) constitue un écosystème central de diffusion de l'idéologie masculiniste, structuré autour de la victimisation masculine et de la délégitimation du féminisme.
  • Les plateformes numériques (Reddit, 4chan, X, YouTube, TikTok) servent de vecteurs majeurs d'amplification, de recrutement et de coordination des discours misogynes.
  • Les liens entre misogynie et extrême droite sont étroits : la misogynie fonctionne comme une « passerelle idéologique » vers d'autres formes d'extrémisme, et les communautés de la manosphère recoupent celles de la droite radicale et des suprémacistes.
  • Les idées misogynes circulent entre les marges radicales et l’espace public, où elles peuvent progressivement se diffuser et se normaliser
  • Le phénomène s'inscrit dans un continuum en ligne/hors ligne : la misogynie numérique a des répercussions concrètes (anxiété, retrait des espaces publics, violence physique, attentats).
  • Le contexte québécois et canadien reflète les tendances mondiales : hausse des cyberviolences genrées, manque de services spécialisés, intérêt politique croissant pour la prévention.

Portée et angles morts

Le rapport souligne un manque de données sur l'intersectionnalité de la misogynie en ligne, des outils de détection technologique encore peu efficaces, et le besoin de recherches menées hors du monde anglo-saxon. Il conclut sur l'importance de renforcer la prévention, la modération des plateformes et le soutien aux victimes.

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visavi_revue_misogynie_2026.pdf


Auteur·trice·s

Sarah-Maude Cossette

Lucile Dartois

Amel Guedidi

Vicky Laprade

Le CPRMV devient Villes sans violence

Notre nom, notre image et notre site web ont changé. Notre mission de prévention de la violence, elle, demeure. Tous nos services, ressources et coordonnées sont disponibles sur ce nouveau site.