Les actes à caractère haineux au québec : état des lieux
Les actes à caractère haineux au Québec : un état des lieux
Contexte
Cette fiche résume les résultats d'une recherche portant sur l'ampleur, la nature et les conséquences des actes à caractère haineux vécus par la population québécoise. Elle s'appuie sur un sondage mené par le CPRMV en 2017 auprès de la population, complétant les données policières officielles qui ne rendent compte que d'une fraction du phénomène.
Faits saillants
- Le nombre d'actes à caractère haineux est nettement supérieur à ce que rapportent les statistiques policières : plus de 360 actes ont été identifiés et analysés à partir d'un échantillon de moins de 2 000 répondant·e·s sur trois ans.
- Certains groupes sont significativement plus à risque d'être victimes : les femmes, les personnes de moins de 29 ans, les membres de minorités sexuelles, les personnes de religion autre que catholique et celles dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais.
- L'expérience vécue (victime ou témoin) façonne fortement la perception du phénomène; les personnes n'ayant jamais vécu de tels actes en ont une compréhension plus homogène et souvent en décalage avec la réalité rapportée par les victimes.
- Les ressources existantes sont peu utilisées : sur 101 actes haineux décrits par des victimes, seulement 13 ont été rapportés à la police et 7 ont mené à une demande de soutien auprès d'un organisme ou d'un·e professionnel·le.
- La peur d'être (à nouveau) victime est très inégalement répartie et touche davantage les groupes déjà les plus ciblés par la haine.
- Les actes haineux en ligne se distinguent nettement des actes en personne (motifs, nombre d'auteurs et de témoins, gravité perçue), ce qui appelle des stratégies de prévention différenciées.
Recommandations principales
Mettre en place des espaces de collaboration entre institutions publiques, entreprises privées et organismes communautaires.
Développer des outils pour signaler et dénoncer plus facilement les actes haineux.
Renforcer les ressources de soutien aux victimes et placer leurs perspectives au centre des initiatives de prévention.
Élargir, dans la recherche et les politiques publiques, les motifs de haine reconnus au-delà des catégories légales actuelles.
Développer des programmes de prévention différenciés selon les lieux où se produisent les actes (en ligne vs en personne).