Recherche (rapport complet)

Contexte

Produite dans le cadre du Plan d'action gouvernemental 2015-2018 sur la radicalisation, cette recherche documente les facteurs différenciés selon le genre dans les processus de radicalisation menant à la violence, avec un accent particulier sur l'engagement de jeunes Québécoises auprès de groupes jihadistes en Syrie et en Irak depuis 2013.

Méthode

Le rapport combine une revue de littérature scientifique internationale sur la radicalisation des femmes à travers l'histoire, et une enquête de terrain menée auprès de jeunes Québécoises radicalisées ou ayant tenté de partir, ainsi que de leurs proches. L'analyse mobilise une perspective féministe postcoloniale afin d'éviter les représentations stéréotypées (victimisation totale ou manipulation) souvent associées aux femmes radicalisées dans les médias.

Faits saillants

  • La radicalisation violente des femmes n'est pas un phénomène nouveau : elle est documentée depuis la Révolution française jusqu'aux mouvements d'extrême gauche, nationalistes (Tigres tamouls, ETA) ou révolutionnaires (FARC) du XXe siècle.
  • Les femmes engagées dans la radicalité violente ne doivent pas être réduites à des victimes passives ou manipulées; elles possèdent une agentivité propre qu'il importe de reconnaître pour comprendre leurs parcours.
  • Au Québec, l'enquête estime qu'entre trois et sept jeunes femmes auraient rejoint la Syrie depuis 2013 (sans compter celles arrêtées en chemin ou ayant renoncé).
  • Le phénomène est fortement juvénile : la totalité des jeunes femmes étudiées avait amorcé sa radicalisation à la fin de l'adolescence (17-19 ans).
  • Des facteurs personnels (épisodes de vie difficiles, incertitudes identitaires) créent un terreau propice à l'adhésion à un « islam intégral », souvent en rupture avec la famille, qui devient une « identité coquille » protectrice.
  • Le rôle des pairs et de personnalités charismatiques renforce le repli identitaire et facilite le passage à l'acte (départ vers la Syrie).

Portée

Ce rapport a été le premier au Québec à documenter empiriquement, dans une perspective de genre, les phénomènes de radicalisation touchant les femmes, comblant une lacune importante dans la littérature et les politiques publiques de l'époque.

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engagement-des-femmes-dans-la-radicalisation-violente.pdf


Auteur·trice·s

Conseil du statut de la femme (CSF)

Équipe de recherche de VISAVI

Secrétariat à la condition féminine (SCF)

Le CPRMV devient Villes sans violence

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